Cher (ancien) collègue,
On parle souvent en ce moment du langage spécifique à l’entreprise, comme un signe de notre appartenance (ou non) à un groupe professionnel. Un langage qui permet aux membres d’un même secteur de se reconnaître, ou du moins qui leur permet de rester entre eux (ô toi qui n’est pas encore immergé dans ce milieu que tu convoites, ne cherche pas de traducteur, ta seule porte d’entrée sera un stage – oui, même toi là-bas, qui a terminé tes études depuis bien longtemps et qui cherche à te reconvertir).
Cela donne par exemple « on se voit tout à l’heure pour que je te briefe », « est-ce que tu as fait tes retours au DA sur les créas ? », « où ai-je mis mon rétroplanning ? », «ce projet c’est de la rassurance », « ok je te fais ça asap », « non tu vois ta créa il faudrait qu’elle soit un peu plus waou » etc. Des mots tombés dans le langage courant, parfois des anglicismes, bien souvent des raccourcis, qui permettent d’aller plus vite lorsque l’on travaille sous la pression (en plein rush, ou quand on est charrette, n’est-ce pas). Ici, en dehors des considérations d’appartenance dont je parle plus haut, il s’agit de rendre à chacun la tâche plus aisée. Et cela permet parfois, en privé, une fois sorti du cadre, de bien rigoler, si tant est que vous soyez adepte de l’auto-dérision (oui, il m’est déjà arrivé de terminer un email à une amie avec « on se keep in touch »…).
Bref, loin de moi l’idée de mépriser tous ces mots, j’ai plutôt tendance à me réjouir lorsque j’en apprends de nouveaux. Quelle n’a donc pas été ma surprise, cher David, de découvrir cette semaine grâce à toi que « transfèrement » existe (oui, bon, je l’admets, j’ai peut-être commencé par t’insulter avec un « pourquoi pas transférage ou transfération tant qu’il y est ! »). Un mot juridique de plus dans mon vocabulaire, et voilà un week-end heureux qui s’annonce.
Cela me fait penser d’ailleurs à cette initiative : Save the words propose à chacun d’adopter des mots depuis longtemps oubliés et de s’engager à les utiliser afin qu’ils ne disparaissent pas à tout jamais. Grâce à une ancienne collègue, qui se reconnaîtra peut-être, je me suis rendue compte par exemple que « formidable » et « épatant » étaient tombés dans mes oubliettes. Alors voilà, je milite pour leur retour. C’est formidable ! C’est épatant !
N’est-ce pas ?
16 mai 2009 at 12 h 35 min
Ecroulée je suis, car dans un article à paraître pour Culturofil, j’ai utilisé le mot « épatant » sans réaliser qu’il était has been ! Je t’avais donc déjà rejoins dans ta lutte sans le savoir, hé hé…
J’adore le concept de Save the words, il va falloir que je pense à en causer dans un prochain billet ! Merci pour le link et see you soon !
18 mai 2009 at 19 h 12 min
Ah! Bienvenue au club « épatant » que j’utilise pour ma part parce que Jean Rochefort l’utilise.
Etonnant, non?
;o)
Je dois également avouer que je suis complètement larguée au niveau du jargon entreprisien puisque j’ai quitter ce monde formidable depuis de nombreuses années maintenant.
Je n’ai plus que mes tics personnels.
GASP!
N’empêche que je reviendrais lire ici ASAP!
(merci DK!)
19 mai 2009 at 8 h 15 min
« Epatant »… ben mince, je l’utilise souvent à l’oral avec mes enfants. ^^
22 mai 2009 at 10 h 37 min
Je dirais même que c’est chouette! :p
22 mai 2009 at 14 h 44 min
Sans doute que les mots « formidable » et « épatant » (et « chouette » bien sûr aussi, merci Nath !) ne sont has been que pour moi ?
Une question d’habitude sans doute, de cercles sociaux. En tout cas si c’est une question de génération, je vous prédis un retour à la mode de ces trois-là, puisque l’ex collègue dont je parle dans cet article était bien plus jeune que moi…
En tout cas, bienvenue à la Trollette et aux deux Nathalie!