Ça vous est déjà arrivé de trouver qu’un morceau de musique colle parfaitement à un livre ? De vous dire que, décidément, ils ont été faits pour être écoutés/lus ensemble ? C’est ce qui m’est arrivé dans le métro tout à l’heure (trop dingue, n’est-ce pas ?).

J’ai toujours été attirée par les livres de Haruki Murakami, sans vraiment savoir pourquoi. J’étais surtout intriguée par Kafka sur le rivage, mais je n’avais jamais réussi à sauter le pas. C’est sans doute le titre qui m’interpellais (ahhhh La Métamorphose…!), un peu de Kafka sur une plage, ce n’est pas très courant. Pourtant je ne trouvais pas la 4e de couverture très engageante. En général je suis attirée par le titre et la couverture, et si la 4e me parle, c’est darty mon kiki. En revanche, quand à peine la première phrase terminée, j’ai la flemme d’aller au bout de ce simple paragraphe, je finis toujours par remettre le livre en rayon. Mais là, c’était plus fort que mes habitudes d’une certaine façon, j’essayais sans cesse de m’intéresser à cette quatrième de couverture, sûre que ce livre et moi nous aurions une histoire commune.
Après une dizaine de tentatives, j’ai emprunté un chemin détourné. J’ai commencé mon approche de Murakami par La ballade de l’impossible, après avoir lu plusieurs fois les quatrièmes de couverture de tous ses autres romans disponibles à la librairie. Le titre, encore une fois, mais sans doute aussi parce que le héros s’annonçait être un fan des Beatles…

Une petite déception, mais vraiment microscopique, évidemment liée à mon attente qui était énorme. Après tout, un héros qui s’est forgé des souvenirs sur les chansons des Beatles ne peut qu’être génial. Bref, Murakami vient de publier un nouveau roman, et on ne parle que de lui en ce moment. Autoportrait de l’auteur en coureur de fond. Je ne sais pas ce qu’il en est réellement en japonais, mais en français il faut avouer que ce titre est plus qu’une promesse. Comme je suis la logique incarnée, j’ai choisi Kafka comme deuxième approche, l’autoportrait viendra sans doute en troisième.
Dans le métro tout à l’heure (oui, rappelez-vous, je vous parlais de musique au départ), j’en étais à peine au deuxième chapitre quand cette chanson est passée dans mes oreilles. Magie du mode aléatoire. Ça ne rate jamais, ce morceau de Tom McRae, à chaque fois que je l’entends je me dis qu’il fait partie de mes préférés et j’essaie sans cesse de me rappeler son titre. Untitled. Mais oui, bien sûr.

Bon, là, vous devrez me croire sur parole (ou faire le test, le morceau et la page 18), c’est exactement la même sensation qui se dégage de ce passage du roman et de cette chanson. Comme une espèce d’alchimie entre le personnage de la chanson et celui du livre, une rencontre entre l’univers du compositeur et celui de l’écrivain. Une rencontre entre un auteur et moi, cet instant si particulier où j’ai su que je finirais par lire tout Haruki Murakami, alors que je venais à peine de commencer le deuxième roman. D’ailleurs, je ne crois même pas qu’il y ait de rapport avec Kafka. Ce qui est sûr ceci dit, c’est que si j’avais été écrivain, j’aurais été Haruki Murakami. Oui, bon, entres autres, sans doute. Du moins, si j’avais été écrivain, j’aurais pu écrire ses romans. Et se retrouver avec entre les mains un roman que l’on aurait pu soi-même écrire, c’est une sensation très étrange. Frustration, sérénité, mélancolie. Mais surtout beaucoup d’énergie.
14 juillet 2009 at 9 h 43 min
« c’est darty mon kiki » : je ne connaissais pas – j’adopte !
Je n’ai rien lu de ce monsieur, le Kafaka sur le rivage m’a été recommandé dans les 57 fois, donc par esprit rebelle, j’ai du mal à m’y mettre.
Comme effectivement tout le monde parle d’Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, je l’ai feuilleté en librairie et il m’est tombé des mains. Celui-là n’est en tout cas pas pour moi. Reste le Kafka sur son rivage, auquel je finirai bien par céder…
14 juillet 2009 at 10 h 44 min
« C’est Darty mon kiki » c’est dans Télémagouille, le sketch des Inconnus
Tu finiras par céder, ou pas, après tout c’est très subjectif tout ça…
16 juillet 2009 at 17 h 28 min
je ne connaissais pas ce japonais, ni des lèvres ni des dents (juste pour faire pendant à darty & co) mais je vais me précipiter sur l’autoportrait en solitaire. On se les échangera après, d’acc ?
19 juillet 2009 at 16 h 36 min
Pourtant il me semblait bien avoir vu Kafka chez toi? D’accord pour l’échange en tout cas!
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